Pensons aussi aux oiseaux

Ça y est ! D’ici quelques jours, nous serons heureux de profiter à nouveau de nos plages, ou du moins nous pourrons de nouveau apprécier une bonne baignade. Mais il y a un point sur lequel on est tous d’accord, les animaux eux n’ont pas été confinés.

Cette période, aussi triste et pesante qu’elle est pour nous, a permis à la nature de reprendre son souffle. Les dunes se sont fleuries et bien végétalisées, les lapins se sont multipliés, les chevreuils se sont permis quelques baignades et les oiseaux ont commencé leur période de nidification en toute tranquillité.

Ce dernier point est tout particulièrement important sachant que de nombreuses espèces d’oiseaux nichant sur le sable pourront se retrouver en danger imminent avec l’ouverture des plages. Lire la suite de « Pensons aussi aux oiseaux »

BLOOM DE SALPES

Confinés dans le port de Muxia, en Galice, l’équipage du Quetzalcoatl découvre ce phénomène bizarre autour de leur bateau ! «  Ces petits corps gélatineux épars observés en journée s’étaient multipliés par milliers et recouvraient maintenant toute la surface de l’eau, sur plusieurs cm d’épaisseur, et ce, dans tout le port. »

Musique : Now   par Vexento

Corinne BUSSI-COPIN
 CHARGEE DE MISSION POUR LA POLITIQUE DES OCEANS
 INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE  –  FONDATION ALBERT  1ER  – MONACO ,
nous répond

«  Bienvenue dans le monde des animaux gélatineux. Malgré leur aspect les salpes ne sont pas des méduses (qui elles appartiennent à l’embranchement des Cnidaires, les animaux qui piquent) mais des tuniciers (appendiculaires, ascidies, dolioles, salpes et pyrosomes) qui appartiennent comme nous à l’embranchement des Chordés. 

Nous partageons avec les salpes des caractères embryonnaires, comme la présence d’une notochorde, considérée comme le précurseur de la colonne verticale.
Les salpes sont donc des organismes gélatineux en forme de tonneau entouré de bandes musculaires (ce qui leur permet un petit mouvement autonome au sein des courants), qui vivent en pleine eau. Cosmopolite, on les retrouve dans tous les océans entre 50° nord et 45° sud.
Ces organismes sont d’ordinaire inféodés au grand large, à la pleine mer, ils vivent souvent entre la surface et 150 mètres, mais il arrive que des épisodes de courants les rapprochent près des côtes, comme l’espèce rencontrée, qui semble (à prendre au conditionnel, je n’ai pas poussé l’identification) être une salpe Pégée (Pegea confoederata). Ces grandes concentrations sont éphémères.
Les observations de salpes ne sont pas exceptionnelles. Elles ont souvent lieu en hiver ou au printemps. Il s’agit d’ailleurs d’une des plus importantes migrations de biomasse au monde.
Outre qu’elles puissent être ramenées à la côte par les courants, elles remontent aussi parfois la nuit au plus proche de la surface pour se nourrir (on appelle cette migration verticale, la migration nycthémérale .
Cela est dû à sa capacité de reproduction. Tout le cycle se fait en pleine eau et la reproduction sexuée et asexuée s’alterne. Après la fécondation et production d’un œuf, l’individu formé se clone pour former sa propre chaîne (par bourgeonnement). D’où une rapide pullulation. »

Complément d’informations  :  Robin BERCEGEAY, animateur pédagogique au  RIEM, 

« En 2006, Laurence Madin, de l’Institution océanographique Woods Hole, et ses collègues ont mis en évidence un autre mécanisme qui expliquerait la vie de certaines salpes en profondeur : au large de la côte Est des États-Unis, l’espèce Salpa aspera nage verticalement sur de longues distances, vivant en profondeur le jour (entre 600 et 800 mètres) et remontant en surface la nuit pour se nourrir de phytoplancton. »
Voici le lien de l’article :
Le phytoplancton étant en bloom au printemps, telle la période actuelle, donc beaucoup plus présent que les autres saisons ;-) Les salpes se nourrissant de phytoplancton, ils remonteront plus régulièrement en cette période.
 
J’ai trouvé dans une thèse un paragraphe qui montre qu’il y a bien des phases de blooms de phytoplanctons sur la zone de la Galice !
 

« Ainsi, parmi les populations phytoplanctoniques identifiées dans notre étude (cf.tableau 3.3), la Diatomée Skeletonema costatum a été identifiée comme caractéristique des situations printanières ou d’upwelling, l’espèce Nitzschia longissima est typiquement associée aux zones d’upwellings, les genres Pseudo-nitzschia et Leptocylindrus, ainsi que l’espèce Prorocentrum micans sont dominants dans les communautés phytoplanctoniques automnales sur les côtes de Galice (NW de l’Espagne) (Varela et al. 2001). La côte de Galice est également caractérisée par la présence de fjords ou baies (les rias), les interactions entre les upwellings côtiers et l’influence des rias ayant des conséquences majeures sur la structure des communautés phytoplanctoniques. Les Dinoflagellés

Chapitre 3 : variabilité temporelle à grande échelle géographique et dissimilitudes locales 96 Prorocentrum micans, Dinophysis cf. acuminata, Ceratium spp., Torodinium spp., Gyrodinium spp., Protoperidinium spp., le genre Gonyaulax spp. (responsables d’eaux colorées), ainsi que la Diatomée Skeletonema costatum font partie des populations caractéristiques de la ria de Vigo (Estrada 1984). La concomitance des Diatomées et de Dinoflagellés est typique des situations de forte biomasse phytoplanctoniques associée à l’enrichissement en nutriments observées dans les rias, qui peut être comparée à certaines zones côtières du littoral atlantique français, semi-fermées et soumises »